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Reportage

Dernière mise à jour : 12 déc. 2021

LES PORTEUSES DU TOGO, UN FARDEAU QUOTIDIEN

Sossi, une femme portefaix, avec Christian son fils, tirant le pousse pousse qu'elle a chargé quelques minutes plus tôt. Rachel Molinié / Collectif DR

Le métier de portefaix, plus communément appelé « Agbanté », consiste à nettoyer les rues, charger et décharger les achats et cargaisons des clients pour une rémunération allant de 500 à 1500 CFA (0.80 à 2.50 euros) par jour.

Autrefois reconnu par l’Etat, il était possible d’identifier ces portefaix grâce à une blouse bleue munie d’une immatriculation.


Portrait d'Hélène, femme portefaix et commerçante. Rachel Molinié / Collectif DR

Hélène, trente-neuf ans, originaire d’Aklakou, à quatre-vingt kilomètres à l’est de la capitale, fait partie de ces travailleuses. Comme pour toutes, le manque d’argent l’a poussé à rejoindre le marché. D’abord simple portefaix, Hélène est également parvenue à devenir commerçante, ce qui lui rapporte environ 1000 CFA (1.50 euros) par jour en complément de son salaire.


Depuis le départ de son mari et malgré sa double profession, Hélène livre, chaque jour, un combat afin de subvenir à ses besoins élémentaires et à ceux de ses enfants. Un train de vie qui ne lui laisse aucun répit. Entre les douleurs musculaires dû au poids des charges et le manque d'argent pour se procurer des médicaments, sa santé physique est quotidiennement mise à rude épreuve.


Sossi chargeant le pousse pousse. Rachel Molinié / Collectif DR

De plus, comme la plupart de ces femmes, elle vit au marché, ses revenus aléatoires ne lui permettent pas de louer une chambre. Elle se regroupe alors avec ses enfants et d'autres portefaix, pour se sentir en sécurité, dans des campements de fortunes où de simples cartons et des pagnes jonchent le sol en guise de matelas. Une situation générale qui déclenche également chez ces femmes une détresse psychologique due à leur situation mais aussi aux nombreuses agressions dont elles sont victimes, «Beaucoup de femmes sont victimes d’abus sexuels et certaines ont tellement honte qu’elles repartent au village.» confie l’une d’entre elles.


Campement de fortune d'un groupe de femmes portefaix. Rachel Molinié / Collectif DR

Une des femmes portefaix dort encore sous sa moustiquaire au milieu du marché. Rachel Molinié / Collectif DR

Selon un rapport de la Banque Mondiale de 2018, 85% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté se trouvent en Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud. Plus de quatre cents millions d’africains vivraient avec moins d’1.50 euros.

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